La création des classes préparatoires

(actualisé le ) par Administrateur

Depuis 1945, une promotion nouvelle a été accordée au lycée Pasteur : elle est due à M. Saissac, proviseur, homme de décision qui a laissé sa marque. Deux classes préparatoires ont été créées à la rentrée de 1949 : mathématiques supérieures et lettres supérieures, où les jeunes filles ont été admises et où elles sont entrées avec empressement. Des années 1950 à nos jours, le lycée Pasteur a continué à s’affirmer et à se développer en maintenant la tradition de cordialité et d’harmonie, de dévouement, enfin à un idéal de science dont le nom de Pasteur est un grand répondant.

Le proviseur Saissac, le 4 mars 1956, a inauguré, avec beaucoup d’émotion (car cet homme bourru était un sentimental), dans le parloir, la nouvelle plaque des morts de la guerre, au-dessous de celle de 1914-1918. Beaucoup de noms y figurent, hélas, qui nous furent familiers. Dès l’origine, on l’a vu, des cabinets et laboratoires avaient été remarquablement installés, grâce à Simon et Lefèvre pour les sciences naturelles, à Dixsaut pour la physique et la chimie. Mais historiens et géographes continuaient à devoir nomadiser de classe en classe, avec leurs cartes et leurs documents sous le bras... Grâce soit rendue à la volonté du proviseur Saissac et de l’intendant Vincent : ils sont les créateurs, avec M. Jourcin d’un cabinet et de deux salles équipées, auxquels deux autres salles sont venues s’ajouter ensuite, au second étage, au bout du couloir Perronet.

M. Saissac parti pour la retraite en 1958, lui succédèrent M. Emanuely (1959-1966), M. Croquelois (1966-1973), M. Perrin (1973-1989), Mme Podvin (1989-2000). Il faut signaler à ce propos que, si l’on excepte M. Bobin (1958-1959) qui, en moins d’un an, avait réussi à se faire apprécier, mais disparut brutalement en cours de mandat, tous les proviseurs, depuis Fleureau, n’ont quitté le lycée que pour prendre leur retraite ; aucun ne l’a déserté pour un autre lycée. M. Perrin n’a pas fait exception à la règle, mais il a battu le record de longévité, étant resté à la tête du lycée pendant seize ans et, nous n’hésitons pas à ajouter : pour le plus grand bien de notre maison. M. Saissac, nous l’avons vu, avait créé les deux premières classes préparatoires, une lettres supérieures et une mathématiques supérieures.

Depuis lors, trois classes de mathématiques supérieures ont été ajoutées à la première, et quatre classes de mathématiques spéciales ont vu le jour et connurent très vite de brillants succès. La grande tâche de M. Perrin poursuivie par Mme Podvin a été de consacrer définitivement le lycée Pasteur comme grand lycée de classes préparatoires, par les créations de nouvelles classes scientifiques qu’on vient de mentionner, par celles de deux classes préparatoires au haut enseignement commercial, puis par l’ouverture d’une classe de première supérieure avec cinq options, qui a vite obtenu des résultats encourageants, et même brillants, au concours de l’École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud.

Si les classes secondaires, qui sont le cœur même du lycée, ont vu se développer en aval les classes préparatoires qui leur fournissent un débouché sur place, et ainsi les stimulent, à l’inverse, en amont, les classes primaires, de l’enfantine à la septième, furent supprimées. Enfin, à partir de 1974-1975, la mixité s’est installée progressivement sans heurts ; il est vrai que, dans le passé, elle avait déjà existé, en terminale, dans une sorte de symbiose avec le « cours secondaire » logé en face, à l’angle de la rue Borghèse, et qu’elle a régné dès le début dans les classes préparatoires.